De l'opposition constructive à l' alternative crédible

Le travail d' opposition que mèneront les élus et militants socialistes pendant ces cinq prochaines années sera déterminant lors des prochaines échéances électorales nationales, mais aussi lors des prochaines élections locales et européennes. En effet, cette fois-ci, Nicolas Sarkozy ne pourra pas échapper à son bilan: il a d' ores et déjà fait le choix d'une présidentialisation radicale de la Vème République. Nicolas Sarkozy fait tout, est partout, il devra donc tout assumer, y compris les injustices criantes que créeront ses mesures fiscales. Aussi, nous devrons face à l' aggravation de la fracture sociale que nous pouvons déjà prévoir, dresser le bilan de nos cinq années passées dans l' opposition aussi bien militante que parlementaire. Pour cela, nous devrons tout d' abord être audibles. Cela nécessite un minimum de discipline collective. Le travail admirable des députés socialistes pour tenter d' amender le projet de loi dit « TEPA » a été totalement occulté dans la presse, et surtout dans les médias audio-visuels, par les polémiques internes sur la participation de socialistes à des commissions et autre secrétariats d' État. La pseudo ouverture ne doit pas nous déstabiliser: Nicolas Sarkozy a déjà utilisé toutes ses cartes dans ce domaine, et si les hommes changent, la politique reste la même. Dans cinq ans, plus personnes ne parlera des pseudo socialistes aux ordres du Président de la République, mais des déficits et inégalités qui se seront creusées, de la débâcle d' une politique européenne qui vire au chiraquisme (des symboles et très peu d' actes) et de la situation lamentable du service public de l' éducation notamment. Soyons unis et solidaires, pour être audibles. D' ailleurs, les précédentes législatives ont montré que nous savons le faire: l' ensemble des cadres du PS étaient plus occupés à assurer leur ré-élection qu' à dénigrer tel ou tel camarade. Les résultats du second tour ont été au delà de nos espérances.

La refondation de notre pensée et de notre logiciel, ne se fera pas par des petites phrases, des débats de personnes ou des auto-nominations à caractère animalières. Elle se fera par un vrai travail de fond, sans complexe ni à priori. Mais la refondation passe aussi par notre attitude dans l' opposition. Il s' agira ni de tomber dans l' opposition systématique et dogmatique, ni de se laisser aller à une forme de complaisance vis à vis du pouvoir en place. A l' heure actuelle, seul le Parti Socialiste et le Mouvement des Jeunes Socialistes sont un contre pourvoir crédible face à Nicolas Sarkozy, un certain nombre d' acteurs de la vie publique (presse, Nouveau Centre, Modem, ...) n' osant s' opposer clairement à la politique du Président de la République, les yeux rivés sur les sondages. Ne soyons pas dogmatiques, mais ne devenons pas non plus opportunistes.

Si, malgré la symphonie assourdissante de Nicolas Sarkozy, les socialistes réussissent à faire parvenir aux oreilles des Français une petite musique permanente en signe de veille et d' alerte, alors nous réussirons, le jour ou la fièvre polnareffo-koucheneriste sera retombée, la transformer en musique de guerre capable de s' attaquer à l' immense chantier le la rénovation (non plus du Parti Socialiste ou du Mouvement des Jeunes Socialistes mais de la France déchirée) qui s' ouvrira à nous, à condition, bien sûr, d' avoir mené au préalable un travail de fond sur l' ensemble des dossiers où nous avons perdu en crédibilité par le passé.

Contribution présentée par Hervé Grasser, délégué au CF
Signée par:
Pierre Olivier Eglemme, délégué suppléant au CF
Camille Petiau, délégué suppléante au CF
Victorine Reinewald, membre du MJS

Socialisme et Démocratie Jeunes 67